La tête en bas et les idées fusent.





 

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MessageSujet: La tête en bas et les idées fusent.    Mer 26 Aoû - 14:44

\ Quand l’amour est partagé, c’est le plus beau des présents.
 Mesdames qui m’écoutez, soyez-en rassurées,
Un homme ne fera jamais rien pour vous vilipender,
Hormis quand votre protecteur l’aura grassement rossé.  /

Ce charmant quatrain est, certes, des plus venimeux, mais je vous assure qu’il est justifié ! Vous rendez-vous compte ? J’avais parcouru monts et vallées sur le dos de Tonnerre, mon fidèle coursier, qui crachait ses poumons à la fin de chaque journée ! Mon pauvre étalon avait été poussé à bout par la flamme de mon amour ! Celle-là même qui tordait mes tripes et me faisait rire sans aucune raison ! Je brûlais de voir à nouveau la gracieuse taille de cette chère Lucille, de sentir de nouveau le brasier de ses lèvres m’embraser le corps et l’âme dans une des plus nobles danses qui n’ait été jamais inventée ! Je sais que tous les hommes qui liront ces lignes savent de quoi je parle.

J’étais arrivé au milieu de la nuit dans la capitale de Lunaria. Malgré la fatigue, la faim, la soif, je ne pouvais attendre plus longtemps. Même si ma monture râlait avec plus d’énergie qu’elle n’avançait, j’arrivai sans peine sous le balcon de la gente damoiselle. Elle m’avait assurée que nulle autre qu’elle n’occupait alors la maison familiale, une aubaine ! Descendant de selle, prenant quand même quelques instants pour arranger ma coiffe, j’étais fin prêt à faire mon retour triomphal auprès de ma bien-aimée. Un sourire charmant imprimé sur les lèvres, je frappai avec une pointe d’impatience la porte de la demeure bourgeoise. Quelle ne fut pas ma surprise quand celui qui m’ouvrit n’étais pas Lucille la comédienne de théâtre, mais bien son père ! Un homme à l’apparence charmante, même si ce ne fut pas la première chose que je vis de sa personne. Un lourd bâton frappa aussitôt mon crâne alors que je venais à peine de réaliser qui j’avais sous les yeux. Puis l’obscurité.

Le réveil fut… humide, on peut le dire. Un seau d’eau sur la tête, rien de plus, rien de moins. Tout mon corps me faisait souffrir, en particulier ma tête. Une impression renforcée par l’eau glacée. Mes yeux s’ouvrirent rapidement sur un étrange paysage forestier. Un bruit machinal de roues de chariot parvenait doucement à mes oreilles. Allongé, je pouvais voir la canopée au-dessus de ma tête et les minces filets de lumière solaire qu’elle laissait passer avec peine. Râlant bruyamment, je n’eus pour toute réponse qu’un immense coup de pied dans les côtes qui me fit violemment tressauter.

- Alors, on est réveillé, princesse ?


- Qui… qui êtes-vous ? Et où suis-je donc ?

- On est les gars de Declan Tristepin ! Sa fille l’a informé que tu lui tournais autour et que tu reviendrais bientôt, il nous a donc demandé de préparer un accueil digne de celui qu’il nommait comme « le plus grand fils de salopard jamais vu sur Erebion ». Et nous voilà ici ! En plein milieu de la forêt de Démérionne ! On va t’accrocher à un arbre et attendre que tu te fasses bouffer, puis on rapportera ta tête au patron pour qu’il nous paye. C’est simple non ?


Ma vue se précisait petit à petit. Je pouvais désormais voir distinctement la tête, fort vilaine, de mon interlocuteur. Un nez crochu, des lèvres fines, des yeux de fouines et des cheveux gras et noirs grossièrement attachés. Il puait la sueur, l’urine, et la graisse de porc. Aucun doute, c’était bien un mercenaire. Je ne pouvais pas voir qui conduisait la charrue, mais aucun doute, on avançait bel et bien. Je toussai plusieurs fois avant de lui répondre.

- Oh oui, fort simple !  Un jeu d’enfant ! Et… il n’y a pas moyen de trouver un arrangement ?

Du coin de l’œil, je pouvais apercevoir mes effets justes à côté de moi. Ma besace et mon luth ! Un réflexe fit bouger mon bras qui essaya d’attraper l’instrument. Il fut aussitôt écraser par la botte boueuse du manant qui me toisait de son regard mauvais.

- Hep ! Hep ! Hep ! Où crois-tu aller comme ça ? Tu comptais me poignarder, c’est ça ! Et bien c’est raté !

Sans surprise, il m’asséna plusieurs coups encore dans les côtes et… m’écrasa abondamment le bras droit.  Je vous avouerai que la douleur me fit gémir plus d’une fois… voir même hurler… mais je vous laisse imaginer la torture qu’il me faisait subir ! Heureusement, je sombrai à nouveau dans l’inconscient, à l’abri de ses persiflages humiliants.

Le second réveil fut du même acabit que le premier, une nouvelle giclée d’eau sur le visage. A demi-asphyxié, mais néanmoins réveillé, je pus de nouveau admirer le charmant visage de mon tortionnaire qui n’avait décidemment pas pris le temps de se laver malgré la présence abondante d’eau dans les environs. C’est vrai, si il en utilisait pour me réveiller c’est qu’il y avait au moins une mare pas trop loin ! C’était trop demandé de juste se passer de l’eau dans les endroits… visibles ? Je n’eus guère le temps de me poser plus de question que je le voyais déjà repartir en lançant quelques railleries vulgaires à mon encontre, dont beaucoup que je ne compris même pas. Et pour cause, j’étais bien trop occupé à me demander… Pourquoi le monde était-il à l’envers ? Tout ! Les arbres, le sol, et même le ciel ! Rien n’était dans le bon sens. Après plusieurs instants d’une réflexion difficile, j’en arrivai à la conclusion que j’étais pendu par les jambes.

Un constat qui me fit hurler de terreur ! Les bras ballants, le sang qui montait à la tête… l’inconfort le plus absolu ! Je devais redescendre, et vite ! La forêt de Démérionne avait la réputation de servir de domicile à nombre de créatures peu amicales. Mais… je voulais simplement courtiser une bourgeoise moi ! Pourquoi dois-je souffrir autant ?! M’enfermant dans mon désespoir, j’eus du mal à remarquer le léger bruit qui parvenait des fougères environnantes. Écarquillant les yeux d’espoir, je me risquai à appeler la source de ce charivari.

- Il… il y a quelqu’un ? A l’aide !


Dernière édition par Zelgius le Mer 26 Aoû - 19:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La tête en bas et les idées fusent.    Mer 26 Aoû - 18:54

Après son aventure à Solaria, Amalys n'avait qu'une envie : Changer d'air ! Cela lui prit plusieurs jours pour emballer ses affaires et partir pour Lunaria. Le chemin aurait pu lui paraitre long si elle n'avait pas eut le bonheur de rencontrer cet étrange chat, baptisé Aryë.

L’animal avait cette une allure atypique mais Amalys avait noué un lien fort avec lui. Après tout, elle lui avait sauvé la vie. Pour autant, il semblait à la jeune femme qu'ils s'étaient trouvés. Impossible pour la métamorphe d'en comprendre la raison mais le petit être avait soudain comblé un vide dans son cœur.

C'est donc à deux que l'herboriste entreprit son long voyage. Dès qu'elle fut arrivée à la capitale, la belle chercha un lieu propice pour sa future boutique et logement. Avec sa frimousse adorable et une bonne dose de chance, il ne lui fallut qu'une poignée de jours pour établir domicile. Malgré tout, elle avait épuisée ses réserves...

Après une bonne nuit de sommeil dans son lit tout neuf et ô combien moelleux, la jeune femme décida de sortir afin de remplir ses étagères de provisions. Toute guillerette, elle fit ses emplettes au marché très tôt dans la matinée. C'était également une occasion en or pour rencontrer les habitants et donner son adresse. Amalys n'était peut pas la femme parfaite mais au moins elle avait le sens des affaires.

Malgré sa journée épuisante, Amalys ressentait pourtant le besoin de se rendre en forêt. Bien qu'elle ignorait beaucoup de ses facultés raciales, il lui arrivait de ressentir l'envie de retrouver sa forme hybride. De plus, une balade en forêt lui permettrait de récolter les plantes médicinales de la région.

La jeune femme fini par s'enfoncer profondément dans la végétation. Très loin de s'en inquiéter, elle était excitée devant la richesse de ce lieu. Pour une herboriste c'était une région parfaite ! Très loin des journées de recherches acharnées qu'elle effectuait souvent à Solaria ! Amalys avait la sacoche remplie et le sourire jusqu'aux oreilles..


- Il… il y a quelqu’un ? A l’aide !

Tient ? Une voix masculine venait de retentir non loin. Pourtant, à cette heure, la forêt était plutôt paisible. Enfin, pour une Si'Lura en tout cas. Ce devait sûrement être un voyageur perdu. Amalys se dirigea alors vers la voix.

Un coup d’œil vers la droite. Puis vers la gauche. Étrange, elle n'avait pourtant pas rêver ! Heureusement pour l'homme, Aryë trottina vers l'arbre d'où il pendait lamentablement et se mit à miauler, la tête penchée vers ce curieux personnage. La métamorphe fit alors de même, écarquillant les yeux.


- Oh, mais que faites-vous donc ainsi ? Attendez je vais vous aider...

Aussitôt dit, la jeune femme se mit à farfouiller près du tronc jusqu'à trouver ce qu'elle cherchait : le bout de la corde. Amalys s'agenouilla et délassa celle-ci avec soin mais lorsqu'elle dû maintenir la corde avec la force... la corde lui ripa entre les paumes.

Boum.

Affolée, elle se précipita. Le pauvre homme était sonné.


- Oh je, je suis désolée, la corde m'a échappé des mains et..." Elle s'interrompit. "La chute n'a pas put faire autant de dégâts.

Sans consulter son avis sur la question, l'herboriste s'assit à nouveau à genoux pour se retrouver à hauteur de l'étranger. Elle sembla l’ausculter, passant la main sur chaque bleus et bosses. Le constat fut sans appel.

- Vous êtes dans un état lamentable !

Soupirant bruyamment, elle se mit à farfouiller dans sa sacoche. Elle en sortit des plantes, des bols, des fioles remplies de poudres en tout genre. Si l'homme désirait lui répondre, c'était le moment où jamais. La belle saisi sa gourde d'eau et commença à préparer une mixture.


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MessageSujet: Re: La tête en bas et les idées fusent.    Jeu 27 Aoû - 11:33

« Que les dieux m’entendent… faites que quelqu’un m’aide ! » J’espérai tant que la chose qui remuait dans les buissons soit un chasseur… ou bien un vagabond… ou toute autre personne susceptible de me faire descendre de ma potence ! Bien sûr, j’étais conscient que cela pouvait aussi bien être qu’un simple renard ou… un prédateur rôdant dans les fourrées à la recherche de son déjeuner. « Pitiéééé ! Je n’ai rien fait pour finir dévoré… » A mon grand bonheur, une charmante petite créature fini par sortir de sa cachette. C’était une bien étrange demoiselle. Si elle n’avait pas eu ces grandes oreilles semblables à celles d’un chat, elle aurait pu être à mon goût. Mais le fait est que je n’avais en face de moi rien de bien ordinaire. La jeune fille, en plus d’avoir les oreilles des petits félins miaulait de la même manière ! Imaginez donc cela et osez me dire que vous trouvez cela normal ! Enfin… je n’avais guère le choix, mon destin reposait entre ses charmantes petites mains.

- Oh, mais que faites-vous donc ainsi ? Attendez je vais vous aider...

- Vous êtes bien aimable… merci !

Enfin merci… j’avais parlé un peu vite. Ni une ni deux, me voilà étalé au sol dans un bruit sourd. Et pour me conforter dans l’idée que le destin ne m’aimait pas, j’étais tombé sur le seul carré de terre sèche et couvert de cailloux de cette fichue forêt ! Nan mais franchement, il y a des jours où l’on a juste envie de s’enrouler dans des draps en lin et de dormir. Même si ce qui me faisait office de matelas était aussi confortable qu’un tapis de clou, j’escomptais bien m’endormir ici pour ne plus me réveiller ! Enfin ça… c’était sans compter sur la voix gracile de celle qui m’avait détachée. Oh oui, je la bénissais de mille et une manière… mais de façon muette ! Tout allongé que j’étais contre le sol !

- Vous êtes dans un état lamentable !

Toussant légèrement, je ne fis aucun geste pour essayer de me relever ou de changer de position, chaque mouvement augmentait la douleur de mon occiput et je ne voulais même pas essayer de faire quelque chose de mon bras que mon tortionnaire avait abondamment écrasé précédemment. Mais malgré toutes ces souffrances, et par je ne sais quel miracle, je parvenais néanmoins à bafouiller quelques mots pour répondre à la demoiselle.

- Votre… sens de l’observation est remarquable…

Poussant un râle de douleur, je parvins au prix d’incroyables efforts à pivoter sur le côté pour me remettre sur le dos. J’avais ainsi le plaisir d’être ébloui par la clarté étrangement très intense du soleil. Les yeux a-demi clos, j’essayai cependant de tourner la tête vers la jeune femme que je devinais assez bien faite malgré son air enfantin. J’avais l’esprit embrumé par la douleur, mes pensées s’entremêlaient pour former un bazar digne des plus grands marchés de Solaria. J’avais une profonde envie de dormir, mais je ne pouvais pas ! « Je dois… la prévenir… Je ne supporterai pas d’avoir l’image de son cadavre pendu qui me hante à jamais… »

- Que faites-vous ?... Partez ! Sinon ils vont… ils vont revenir….

Je ne pus en dire plus, malheureusement. Sombrant dans l’inconscient, mon âme continuait néanmoins de hurler telle une amante éplorée. De hurler à cette femme de s’en aller.
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MessageSujet: Re: La tête en bas et les idées fusent.    Dim 30 Aoû - 16:07

Spoiler:
 

- Votre… sens de l’observation est remarquable…

Alors que la si'Lura s'affairait vivement, l'homme geignit de douleur. Au moins, malgré son état, il avait le sens de l'humour. C'était toujours ça. Mais que diable lui était-il arrivé ? Si Amalys lui avait causé sans doute un ou deux joli bleus, bien involontairement, il avait le corps entier parsemé de coupures, de contusions en tout genre voir peut être même quelques os brisés... L'homme avait d'ailleurs un bras gonflé dont la couleur devenait inquiétante.

- Que faites-vous ?... Partez ! Sinon ils vont… ils vont revenir….

- Shh, calmez-vous, je vais...

Amalys tourna le visage vers l'inconnu. Il avait l'air... Inquiet pour elle ? La peur déformait ses traits.

- Attendez, qui vous a fait ça ? Ce sont ceux qui vous ont perché tout là haut ? Pourquoi vous en veulent-ils ?

Elle n'obtiendrait aucune réponse. L'homme s'évanouit, ses blessures ayant raison de lui, mais il parvenait à répéter "fuyez... fuyez..." inlassablement. Qui que soit ces "ils" dont il parlait, Amalys en avait soudain peur. Il fallait fuir, oui. Son instinct lui criait de prendre ses jambes à son cou. Mais et lui ? Il était déjà dans un état critique... Alors inconscient que faire ?

L'esprit en ébullition, Amalys remballa son outillage de soin et se redressa. Il fallait le transporter, mais comment ? Elle était petite, fluette et elle n'arriverait jamais à le transporter bien loin ainsi. Le trainer sur quelques mètres, oui, surement, mais pas plus.

Il n'y avait en faite qu'une seule solution possible. Et ça, elle en avait terriblement peur. Prenant une grande bouffée d'air, Amalys tenta d'apaiser la vague d'angoisse qui la submergea. Au bout d'une poignée de minutes, cinq, dix peut être, elle fini par se décider. D'un geste, elle délassa sa robe, la laissant tomber à ses pieds. Elle se défit ensuite de ses dessous et rangea le tout soigneusement dans sa sacoche. Sacoche qu'elle passa autour de l'homme. Prenant à nouveau une grande respiration, elle se concentra.

Amalys ferma les yeux. Elle se remémora tour à tour toutes les choses désagréables de sa vie. Sa village en flammes, sa séquestration, les Fëanturi, son Bourreau. Elle accumula toute la rage qu'elle put, l'émotion qui a provoqué sa première transformation...

Alors la magie opéra. La Si'lura tomba à genoux. Ses yeux se teintèrent de jaune, pupille fendue. Les os se mirent à craquer, se transformer. Son nez se raccourcit, ses oreilles s'arrondirent. Les premiers cris de douleurs s'échappèrent alors de ses poumons. Un long râle s'en suivit alors que ses jambes diminuèrent de taille, que ses dents se formaient en crocs et qu'une longue queue se forma à son flanc. Sa tête s'allongea... Chaque muscle, chaque os, chaque partie de son corps évoluait, accompagnés de sons sinistres. Entre craquements et couinements plaintifs, Amalys resta couchée au sol un long moment.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle était devenue une belle louve blanche. Faible mais apeurée, elle se décida à se redresser. Elle tenta de porter l'homme sur son dos mais dût se résoudre :  Sans aide, c'était impossible. Alors, elle du refermer ses crocs sur lui et le tirer. Elle n'avait pas le choix. ses sens en alertes, elle ressentait que le temps leur était à présent compté. Alors elle le tira le plus loin possible de ce lieu maudit. Elle l'en sortirai coûte que coûte !


***

Lorsque l'homme reprit conscience, il se trouvait couché dans un lit. La pièce était pauvre en décoration et il flottait dans l'air une odeur assez puissante. De la menthe ? Autre détail, et non des moindres, les blessures étaient bandées, certaines parties du corps de l'humain étaient recouverts de concoctions médicinales à la texture plâtreuse. La douleur s'était également atténuée.

Quelques instants plus tard, Amalys apparut. Elle était sous forme entièrement humaine, sans ses oreilles animales. De grandes cernes montraient sa fatigue mais bien que la jeune femme semble faible, un immense sourire illumina son visage.


- Oh, vous êtes réveillé !

Aussitôt, elle se dirigea à son chevet. S'asseyant sur le rebord du lit, Amalys inspecta les bandages et entreprit de changer les plus anciens. Tout en travaillant, elle se voulu rassurante.

- Cela va mettre du temps à guérir, vous avez quelques blessures assez lourdes mais avec des soins fréquents vous allez vous en remettre rassurez vous. Et... Vous êtes en sécurité ici.


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MessageSujet: Re: La tête en bas et les idées fusent.    Dim 20 Sep - 9:51

Vous le savez peut-être, mais les songes sont pour moi l’un des plus grands cadeaux que ce monde a donné aux hommes. Et une maxime, entendue d'une bouche savante, en fait pour moi une synthèse parfaite.

«Nous sommes le rêve d'un dormeur qui dort si profondément qu'il ne sait pas qu'il nous rêve.»

Certains penseurs croient, et je les rejoins, que tout dans ce monde n’est que le fruit du rêve d’un autre. Et cela me permet d’aboutir à cette conclusion que, comme dans nos songes, rien n’est impossible sur ces terres qui semblent pourtant si prosaïques. Il est vrai que nous avons besoin de dormir, de manger, d’aller à la selle et que sais-je encore. Mais notre esprit est capable de beaucoup plus que de concevoir des réponses à ces besoins primaires, et c’est par son intermédiaire qu’il est possible de tout accomplir, et par nulle autre moyen.

Je pense rédiger, dans mes mémoires, une sorte de thèse sur les rêves. Peut-être qu’en plus des arts, j’excellerais aussi auprès des philosophes et des autres esprits éclairés. Enfin… ce n’est pas près d’arriver, mais c’est un projet qui murit doucement dans ma tête, comme une pomme sous les doux rayons du soleil. Les rêves sont un royaume que l’homme ne peut apprivoiser, car c’est peut-être là qu’il vit en réalité. Il me vient soudain une idée ! J’ai envie d’écrire, là ! Tout de suite ! Mais… je ne peux pas ! Pourquoi ? Mais parce que je suis dans le coma enfin ! Vous suivez ?! Assommé, puis pendu, puis mutilé… on en sort pas indemne !  Croyez-moi ! Là je… je ne sais pas où je suis. Peut-être suis-je toujours accroché à cet arbre, attendant la mort en… dormant. Enfin… quelle différence ça fait ? Peut-être suis-je déjà mort ! Et que je ne le sais pas !

« Oh ! Une lumière ! Est-ce... la fin du voyage ? Mon périple sur Erebion est-il terminé ? N’aurais-je pas eu le temps de publier mes mémoires ? Oh damn… quel destin tragiques pour ces feuillets ! Je sais où ils sont en plus, dans ma besace ! Mais… et où est-elle cette besace ? »

Mes pupilles s'entrouvrirent juste assez pour se retrouver submergées par la lumière qui régnait en ce lieu. « Ah… et bien non en fait, je ne suis pas mort. » Cette conclusion peut vous sembler d’une évidence absolue, mais entre demeurer aux portes du déclin et y chuter brutalement… il n’y a même pas un pas. Mais comment être sûr et certain que je ne suis pas mort ? On ne sait jamais. La mort peut ressembler à ça. On atterrit dans une cahute à la forte odeur de plantes médicinales. J’ai souvent senti ces essences chez l’arracheur de dent, elles ne sont jamais synonymes de bons moments… Un détail, cependant, me fit ouvrir les yeux avec beaucoup de zèle. Les croyances populaires associent la mort à la fin des souffrances, et même si je ne suis pas un cultiste convaincu, je crois quand même à cette hypothèse. Hors donc, si je suis mort, comment se fait-ce que mon crâne, mes jambes et… la totalité de mes muscles ainsi qu’une bonne douzaine de mes os me hurlent avec entrain que je suis encore de ce monde ? Comprenez par cette métaphore qu’absolument TOUTES les parties de mon corps m’électrisaient par intermittence d’une douleur puissante. Je ne pus demeurer bien longtemps assis comme je l’étais et reposai bien vite ma tête couverte de bandages sur le lit.

- Oh, vous êtes réveillé !

Fraîche comme les premières floraisons, la petite voix s’approcha de moi. Bien que je ne parvienne pas à distinguer à qui elle appartenait, tout paralysé que j’étais. Néanmoins, ce n’était pas bien compliqué d’associer cette mélodie gracieuse à une demoiselle, plutôt jeune au demeurant. Je sentis qu’elle s’asseyait au bord de ma couche alors que j’essayai péniblement d’articuler quelque chose. Mais aucun son ne passa la barrière aride de mes lèvres privées d’eau. Uniquement de pathétiques soupirs qui s’envolaient, presque inaudibles, dans la pièce. Alors que la petite médecin entreprit de changer mes bandages, mon regard s’éclaircit davantage et je pus enfin voir qui passait ainsi autant de temps à s’occuper de moi. Je la reconnus sans peine, c’était elle qui m’avait libéré de mes entraves dans la forêt ! Mais… elle m’avait portée toute seule jusqu’ici ? M’avait soigné et protégé ? Mais… comment ? Une vive douleur dans l’occiput m’indiqua que mon esprit semblait prendre congé et qu’il n’était pas conseillé d’essayer de réfléchir pendant ce temps. Qu’à cela ne tienne, j’attendrai d’aller mieux pour associer plus de deux idées.

- Cela va mettre du temps à guérir, vous avez quelques blessures assez lourdes mais avec des soins fréquents vous allez vous en remettre rassurez vous. Et... Vous êtes en sécurité ici.

Par la malepeste… je ne pouvais pas lui répondre… Je tenais pourtant à la remercier d’une telle générosité ! Mais mes pupilles à peine ouvertes ne pouvaient pas exprimer grand-chose, à mon humble avis. J’essayai donc de me mouvoir un peu, juste un peu, pour que ma main puisse trouver la sienne et s’y accrocher. Je voulais ainsi lui dire, au moins insinuer, que je l’entendais et la comprenais, et que je la remerciai du fond de mon cœur. Car cette petite m’avait sûrement sauvé la vie…
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MessageSujet: Re: La tête en bas et les idées fusent.    Jeu 26 Nov - 15:41

Les yeux de la jeune femme s'arrondirent de surprise lorsque l'homme lui attrapa la main. Il était faible, pourtant il parvenait à lui serrer la paume avec force du désespoir. Le pauvre homme étaient dans un tel état... Amalys ne pouvait pas rester insensible. A son tour, elle serra doucement la main tendue.

- Je comprend, rassurez-vous. Vous êtes encore très faible, reposez-vous autant de temps que nécessaire. Personne ne viendra troubler votre repos, je vous le promet.

Avec la plus grande des douceurs, la jeune femme récupéra sa main. Elle descendit du lit et ouvrit le tiroir d'une commode. Un léger tintement retentit alors qu'elle revenait. Il s'agissait une petite cloche, que la Si'Lura vint déposer sur la table proche du lit. A bien y regarder, sur cette table se trouvait également un plateau rempli de victuailles.

- Voilà, je vais vous laisser tranquille. J'ai déposé une clochette si vous avez besoin de quoi que ce soit. Nous pourrons parler si vous voulez, quand vous vous sentirez mieux. Je serai à côté, ne vous en faites pas.

Après une brève pression sur la main du blessé, elle repartit, le laissant à son repos mérité.

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MessageSujet: Re: La tête en bas et les idées fusent.    Sam 28 Nov - 13:01

Mes lèvres avaient beau bouger, je ne pouvais prononcer le moindre mot… Qu’est-ce qu’un poète privé de sa voix, hein ? Une anomalie ! Une malédiction ! Quel effroyable sort m’avait-on jeté dans cette fichue forêt ? Je me perdais dans d’inutiles questionnements, mais j’étais si frustré de ne pas pouvoir exprimer ma reconnaissance à cette ravissante demoiselle… Comprenez-moi un peu ! Je pouvais simplement serrer faiblement sa douce main, tout en essayant d’observer son visage alors que mes paupières se fermaient petit à petit, me privant ainsi de la douce vision qui m’était offerte…

Mon hôtesse parla, je ne l’entendais presque plus. Une mélodie lointaine, comme le chant des sirènes, qui me précipitait doucement vers les profondeurs sombres de l’inconscient. Je ne comprenais pas ce qu’elle disait, mais elle demeurait rassurante. Pureté sans tâche qui sauve une âme comme la mienne. Plus le temps passait, plus j’avais le sentiment d’être au paradis. Un vaste champ de blé ensoleillé, une main tendue, la prendrais-je ? Non. Pas encore. Je ne dois pas céder à la séduisante mort, drapée de soie, tentant d’attirer à elle les malheureux êtres humains.

___________________________

La première sensation qui me revint fut l’incroyable brûlure d’une gorge asséchée par l’absence de salive. Elle était accompagnée par une fantastique migraine, rassurante preuve que je n’avais pas encore complètement sombré. C’est vrai, la souffrance n’est-elle pas l’inhérente preuve de la vie ? Il n’y a que les vivants qui souffrent. Voilà pourquoi il est conseillé de privilégier la prière pour les vivants, et non pas pour les morts.

Mes yeux s’ouvrirent lourdement sur la cabane illuminée. Avec impatience, j’entrepris de tester si ma voix était revenue. « Aaaaah. » Formidable ! J’étais si heureux que mon visage sourit de lui-même. Mais la voix retrouvée était encore rauque, abîmée par le manque d’eau. Je ne pouvais plus espérer déclamer quoique ce soit durant un moment… Doucement, ma tête endolorie pivota pour que je puisse balayer la pièce du regard. Je voyais maintenant beaucoup plus de détails, comme par exemple l’arbre derrière la fenêtre légèrement sale. Tout proche de moi, il y avait un guéridon sur lequel était disposé un panier de victuailles alléchantes ainsi qu’une petite cloche. Visiblement, mon hôtesse avait le sens de l’hospitalité. J’avais retrouvé la parole, je pouvais donc la remercier comme il se doit !

Je pris le petit instrument de ma main droite et le secoua légèrement. J’avais encore un pied dans le sommeil, mais je m’éveillais petit à petit ! J’espérais ne pas trop déranger la jeune femme, qui tardait un peu à venir… En attendant, mon estomac se rappela à moi comme un cheval qui hennirait. Je me saisis de l’un des fruits du panier, une poire, et commença à la croquer avec un grand empressement. L’eau dont était gorgé le fruit me soulagea grandement, et les quelques calories qu’il m’apportait calmèrent mon ventre tordu de tous côtés. Cela faisait sûrement plusieurs jours que j’étais ainsi couché…
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MessageSujet: Re: La tête en bas et les idées fusent.    

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